Son nez frolait presque le mien.
Il entrouvit ses lèvres...
...mais je me détourna brutalement de lui.
Georg se recula aussitôt.
« Je ne crois pas que c'est une bonne idée..., dis-je en mettant ma clé dans la serrure.
- Je croyais que...je suis désolé... »
La déception se lisait sur son visage et je regretta aussitôt mon geste.
« Georg...
- Ce n'est pas grave, bonne nuit Sam »
Il se détourna de moi et s'éloigna.
« Georg ! »
Il se retourna avec espoir. Mais j'étais incapable de parler. On se regarda pendant quelques instants puis avec une moue dépitée qui me fendit le coeur, il disparut à l'angle du couloir.
« Je suis complètement stupide... » dis-je après avoir refermé la porte.
Mais qu'est-ce qui m'a prit ? Il me plait, je lui plais, la suite logique aurait été que je l'embrasse. Mais j'ai eu soudain peur. Pourquoi ? J'étais incapable de trouver la réponse et c'était bien le problème. En tout cas, j'avais vraiment tout foutu en l'air.
« Et merde !!!! » m'écriais-je en donnant un violent coup de pied dans une valise. Je sentit aussitôt une douleur aigüe dans mon orteil, ce qui me rendit d'autant plus furieuse.
« Mais quelle conne... » dis-je après m'être affalée dans mon lit.
« C'est vrai que t'as merdé..., me dit Lizzie le lendemain matin au petit déjeuner.
- Merci de remuer le couteau dans la plaie...
- Ben quoi, tu le dis toi-même ! »
On éclata de rire.
« Tu vois que ce n'est pas si grave ! J'arrive même à te faire rire !
- N'empêche qu'il doit trop m'en vouloir...
- Mais non, je suis sûre que ce n'est pas le cas ! Oh, tiens, voilà le groupe justement, on va bien voir... »
En effet, Bill, Tom, Gustav et Georg venaient de rentrer dans le restaurant de l'hôtel. Les jumeaux et Gustav nous firent un petit signe de la main. Georg, lui se contenta de s'assoir à une chaise de façon à ce qu'il nous tourne le dos.
Je sentis une boule se former au fond de ma gorge et les larmes me montèrent aux yeux. Lizzie me passa le bras par les épaules pour me réconforter pendant que je fixai mes oeufs brouillés, l'air hagard.
