J'étais épuisée. Dormir dans un car, même si le lit est plutôt confortable n'est pas évident. Dans sa couchette, située à côté de la mienne, Lizzie avait dormi comme un bébé. Lassée de me retourner sans cesse dans mon lit pour trouver le sommeil, j'avais passé les premières heures du jour à regarder des DVD.
On prit tous le petit déjeuner en bas. Le groupe avait l'air d'être aussi fatigué que moi : Bill et Gustav baillaient à s'en décrocher la machoire et tous avaient des poches sous les yeux. Je ne devais pas être plus fraîche qu'eux.
« J'aurais préféré prendre l'avion, maugréa Georg alors qu'on déjeunait à la même table. Pendant ce temps, le bus traversait la capitale Tchèque, plongée dans la brume.
- Moi aussi, marmonais-je.
- T'inquiètes pas, on s'habitue vite mais c'est vrai qu'au début c'est pas facile. » dit Lizzie.
Quelques minutes plus tard, on arriva à l'hôtel où l'on pu se laver et se reposer pendant quelques heures alors que le groupe enchainait interviews et sessions photos. J'étais profondément endormie dans ma chambre lorsque des coups frappés à la porte me réveillèrent.
« Ca te dit une petite visite de la ville ? proposa Lizzie que je laissais entrer dans ma chambre. On a quelques heures de libres avant le concert. »
On passa un super après-midi ensemble à faire les boutiques et à se balader dans la ville. On en profita pour mieux se connaitre. Je lui parla de ma famille, de mon ancien job, de la passion imodérée de Vicky pour le groupe. Elle me parla aussi de sa vie et de ses expériences professionelles. Lizzie était née Graz, en Autriche mais 3 ans plus tard avec ses parents et ses 4 soeurs, elle partie vivre dans un village entre Riesa et Dresde.
On passa la fin de l'après midi dans un bar de la ville puis on prit un taxi pour rejoindre le groupe à la salle de concert. J'avais de plus en plus le trac : le temps était venu de faire mes preuves.
Lizzie me rassura et m'expliqua rapidement ce que je devais faire.
« C'est Bill qui demande le plus de "travail", les autres n'ont besoin que d'une couche de fond de teint mais ne t'inquiètes pas, tout se passera bien. », dit-elle alors qu'on entrait dans la loge du groupe.
Je commença par maquiller Gustav et Lizzie s'occupa de Tom. Je n'avais pas eu beaucoup d'occasion de discuter avec lui.
« Alors comme ça tu viens de Berlin ? demanda Gustav
- Oui, j'y vis depuis quelques années avec ma soeur, notre père et ma belle-mère.
- J'adore Berlin c'est une superbe ville. On y habite tous...Enfin rarement, vu qu'on est toujours en tournée.
- Oui, j'adore. D'ailleurs Mickael mon demi-frère voudrait y vivre plus souvent mais son père a gardé leur ancienne maison.
- Ils vivent où ?
- A Magdeburg
- C'est drôle, on vient tous de là ! C'est quoi son nom de famille ? Peut-être que je le connais ?
- Becker
- Ca me dit quelque chose... »
Mais j'avais déjà terminer de le maquiller donc notre conversation s'arrêta là.
« On en reparle plus tard, dit-il en se levant
- Ok, bon courage pour le concert ! »
Bill prit sa place. A côté, Tom tentait vainement de faire des avances à Lizzie mais il dû déclarer forfait et Georg s'assit à sa place. Celui-ci me fit un petit sourire qui me déstabilisa un peu. Je lui rendis son sourire en me sentant rougir.
« Tu sais ce que tu as à faire ? me demanda Bill.
- Evidement, c'est mon job » je répondais, agacée.
Pour qui il se prend, lui ?
« Oh excuses-moi, je ne savais pas que tu étais susceptible... », dit-il sur un ton méprisant.
Dis-donc, il va me causer autrement le chevelu !
Je pris un tube d'eyeliner et essaya de le dévisser mais il ne voulait pas s'ouvrir. Bill me regardait avec dédain puis il croisa les bras pour me montrer qu'il s'impatientait.
« Ca y est ! » m'exclamais-je en parvenant enfin à ouvrir ce foutu tube.
Ca, c'était le point positif.
Le problème, c'est qu'en l'ouvrant, j'avais aspergé une partie de son contenu sur le pantalon de Bill.
« Bordel mais t'es folle ? Tu peux pas faire gaffe ? s'écria-t-il en se levant d'un bond.
- Excuses-moi, j'ai pas fait exprès !
- Mais je me fiche que tu ne l'ai pas fait exprès ! Qu'est-ce que je fais, moi ? Je ne vais pas monter sur scène comme ça !
- Ca va Bill, c'est pas un drame ! Va te changer, dit Georg, irrité par son comportement.
- Mais je veux absolument mettre ce pantalon ! Non mais quelle conne, celle-là !
- Eh ! tu ne lui parles pas comme ça ! » s'écria Georg.
Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Le stresse, la fatigue et le comportement de Bill eurent raison de moi et je me rua hors de la pièce, les joues baignées de larmes.
« Sam, ça va mieux ? me demanda Lizzie à travers la porte des toilettes où je m'étais enfermée
- Non.
- Allez c'est pas si grave, ça m'est aussi arrivé le premier jour. J'avais tacher le T-shirt de Tom avec du fond de teint. Mais il n'a pas eu la même réaction que Bill. C'est ça qui est chiant avec lui, il s'énerve pour rien. »
Je ne répondit rien, me contentant de me moucher.
« Si ça peux te consoler, Georg a passé une sacré gueulante sur Bill avant de monter sur scène. J'ai l'impression que tu lui as tapé dans l'oeil. »
J'ouvris la porte des WC et la fixa totalement interloquée.
« Mais qu'est-ce que tu racontes ?
- Tu verra que j'ai raison » me dit Lizzie avec un petit clin d'oeil.

